Du tout-voiture au tout-vélo

Histoire d’une transition

En décembre 2018, je me suis lancé un défi un peu fou : me passer totalement de voiture pendant un an.

L’expérience a commencé le 1er janvier 2019.

Un peu plus d’un an et demi plus tard, je peux dire que cette décision a profondément changé mon quotidien, ma façon de me déplacer et même mon regard sur notre mode de vie.

Dans cet article, je vous raconte l’histoire de cette transition progressive du tout-voiture au tout-vélo.

Ma vie en tout-voiture

Ma vie en tout-voiture a commencé très tôt… avant même que j’ai l’âge de conduire.

J’ai grandi à Port-Saint-Louis-du-Rhône, une petite ville du sud de la France que j’ai souvent décrite, avec un peu d’exagération, comme « à 30 minutes en voiture de toute civilisation ».

C’était évidemment caricatural… mais pas totalement faux non plus.

Lorsque j’ai commencé la conduite accompagnée en 2006, la voiture représentait presque un passage obligé vers l’autonomie. À l’époque, j’avais vraiment l’impression de vivre dans une ville éloignée de tout, où chaque déplacement dépendait presque systématiquement d’une voiture.

Deux ans plus tard, j’ai obtenu mon permis du premier coup et j’ai eu la chance de pouvoir conduire dès mes 18 ans grâce à l’aide de mes parents.

À ce moment-là, je me sentais enfin totalement autonome.

Et j’ai très vite pris goût à cette liberté.

Déplacements du quotidien, sorties, concerts, week-ends improvisés, rencontres… ma vie s’est rapidement organisée autour de la voiture et de cette sensation de pouvoir aller partout, à tout moment.

Avec le recul, je comprends aujourd’hui à quel point cette période a façonné ma façon de voir les déplacements et l’autonomie.

Pourquoi ce challenge ?

Vers l’âge de 25 ans, j’ai découvert le plaisir du vélotaf grâce à mon compagnon.

N’ayant pas le permis, il effectuait déjà la majorité de ses déplacements à vélo ou en mobylette lorsque nous nous sommes rencontrés.

Avec le recul, je comprends mieux pourquoi il avait du mal à saisir pourquoi je prenais systématiquement la voiture pour parcourir les quelques kilomètres qui me séparaient de mon travail, quitte à rester bloquée dans les embouteillages certains matins.

C’est ainsi que j’ai commencé à utiliser le vélo pour mes trajets du quotidien.

Au départ, je choisissais surtout les journées agréables : beau temps, peu de vent, conditions idéales… Habitant dans une région fortement marquée par le mistral, je trouvais rapidement une bonne raison de reprendre la voiture dès que les conditions devenaient moins confortables.

Petit à petit pourtant, le vélo a commencé à prendre une place de plus en plus importante dans mon quotidien : trajets domicile-travail, courses, balades, sorties sportives ou simples moments passés à l’extérieur.

Au fil des mois, j’ai également investi dans un vélo plus fiable et plus adapté à mes besoins.

Fin 2018, en faisant le point sur mes habitudes de déplacement, je me suis rendue compte de plusieurs choses :

  • j’utilisais encore souvent la fatigue, la météo ou le manque de temps comme prétexte pour reprendre la voiture,
  • je me plaignais régulièrement du coût de mon véhicule sans réellement chercher à modifier mes habitudes,
  • et surtout, je réalisais que beaucoup de mes trajets pouvaient finalement être effectués autrement.

C’est ainsi qu’est né ce défi : essayer de me passer totalement de voiture pendant un an afin de voir si un autre équilibre était réellement possible au quotidien.

Une transition réussie ?

Avec le recul, je suis encore étonnée par la facilité avec laquelle la voiture a progressivement disparu de mon quotidien.

Pourtant, l’année 2019 n’était probablement pas la plus simple pour tenter ce genre de transition.

À plusieurs reprises, j’aurais facilement pu considérer que ce n’était « pas le bon moment ».

  • Tout d’abord, mon compagnon et moi avons accueilli un chiot. Au début, il était évidemment impossible de lui faire parcourir de longues distances à vélo avec nous. Petit à petit pourtant, il a commencé à nous accompagner sur certains trajets, puis nous avons investi dans une remorque adaptée pour continuer nos déplacements ensemble.

  • La même année, j’ai également lancé mon activité d’auto-entrepreneuse en parallèle de mon travail d’opticienne. Même si une partie de mon activité se faisait à distance, il restait important pour moi de pouvoir rencontrer physiquement mes partenaires et mes clients. J’ai donc progressivement adapté mon équipement et mon organisation afin de conserver un maximum d’autonomie dans mes déplacements.

  • Enfin, et c’est probablement l’événement qui aurait pu me faire abandonner ce défi, je suis tombée enceinte quelques mois plus tard.

Et pourtant, rien ne m’a finalement fait revenir à la voiture au quotidien.

Avec beaucoup d’adaptation, j’ai continué le vélotaf pendant ma grossesse, au point que nous sommes même partis à la maternité à vélo le jour de l’accouchement (je vous raconterai certainement ça un jour, l’anecdote est folle !).

Avec le recul, cette histoire résume assez bien à quel point ce mode de vie avait déjà pris une place importante dans notre quotidien.

Pour être tout à fait honnête, un événement a fortement accéléré cette transition.

Lorsque j’ai décidé de vivre sans utiliser ma voiture pendant un an, je cherchais aussi un moyen d’éviter qu’elle reste immobilisée tout en continuant à me coûter de l’argent. J’ai donc choisi de la proposer à la location sur une plateforme spécialisée appelée Drivy (devenue depuis Getaround).

À l’époque, le système me semblait être un excellent compromis : les locations permettaient de couvrir une partie des frais liés au véhicule, tout en me laissant la possibilité de le récupérer ponctuellement si nécessaire.

Et pendant plusieurs semaines, tout s’est très bien passé.

Jusqu’au jour où ma « Titine » a été impliquée dans un accident sur l’autoroute lors d’une location.

Heureusement, il n’y a pas eu de blessés. Mais de mon côté, je me suis retrouvée sans voiture.

Une question s’est alors rapidement posée : que faire de l’argent de l’assurance ?

Après réflexion, mon compagnon et moi avons finalement choisi d’investir dans des vélos utilitaires et de conserver le reste de côté au cas où nous aurions réellement besoin d’acheter une nouvelle voiture.

Avec le recul, je ne regrette absolument pas ce choix.

Au fil du temps, de nouveaux vélos sont venus compléter notre quotidien et cette expérience a profondément changé notre façon de vivre, de nous déplacer et d’organiser nos journées.

En bref

Une autre façon de vivre le quotidien

Après avoir commencé ma vie d’adulte avec une organisation entièrement tournée vers la voiture, une belle rencontre m’a progressivement permis de découvrir une autre façon de me déplacer et de vivre le quotidien.

Aujourd’hui, le vélo a pris une place importante dans notre organisation, au point de transformer durablement nos habitudes, notre rythme de vie et notre rapport aux déplacements.

Pour être honnête, je ne m’imagine plus vraiment revenir en arrière.

Cette transition m’a fait réaliser qu’il existe souvent des alternatives plus simples, plus agréables et plus accessibles qu’on ne l’imagine avant d’y être réellement confronté.

À travers la série d’articles consacrée à ce sujet, j’ai envie de partager cette expérience, nos découvertes, nos difficultés, mais aussi tous ces petits moments du quotidien qui ont accompagné cette transition vers une vie plus active et plus tournée vers l’extérieur.

2 réponses
  1. kathia
    kathia dit :

    Coucou, Merci pour ton article, ton partage d’expérience 😀 et toutes les reflexions qui t’ont amené a faire ce choix.
    Je me suis reconnue dans bon nombre de ceux que tu as décris.
    Pour moi je recherches une forme de liberté que je trouvais sous une certaine forme en ayant une voiture mais je me sentais contrainte et prisonnière de l’entretien, de je ne suis pas sur que… et petit a petit je me suis dis qu’en habitant dans une agglomération super bien desservie a tous les niveaux et ayant toujours circuler a vélo, j’ai vendu ma dernière voiture en 2013 avant de partir vivre a l’île de la Réunion ou la bas delicat de vivre sans voiture …. quoi que j’aurais pu 😉 si je l’avais choisi 😀 a mon retour en metropole je retrouve mon velo et il est pour moi hors de question d’investir dans une voiture surtout pour des raisons ecologiques car quand je vois le nombre de voiture qui sont inutilisées je trouve ça dommage, et en même temps j’avais envie de me sentir libre de mes mouvements dont Drivy est mon ami et Auto trement qui sont de belles façons pour moi d’avoir des voitures accessibles tout le temps, assurées, entretenues et ça c’est une vrai LUXE pour moi.
    au plaisir
    kathia

    Répondre

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